2025 Exhibition Fine Arts Open House - Molson Building, Bishops University
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Cette sculpture textile s’inscrit dans une recherche artistique portant sur le textile comme territoire symbolique de restauration et de réparation. En mobilisant des techniques de tissage, de couture, de broderie et des fibres diverses en superposition, l’œuvre met en scène une figure hybride qui évoque la shamanesse médiatrice entre différents plans du réel.
Les strates de laines, volontairement denses et organiques, telles des terres nettoyées par le feu, fonctionnent comme des métaphores de la mémoire corporelle : elles révèlent les couches d’expériences, les traumas recouverts des processus de résilience. Les voiles colorés introduisent une dimension aquatique et aérienne de fluidité et d’entre-deux, suggérant la traversée, la transition et le mouvement intérieur.
L’ensemble compose un espace liminal où le corps, la matière, la nature et la mémoire s’entremêlent. L’œuvre propose ainsi une réflexion sur la reconstruction identitaire, la résilience et les capacités régénératrices du geste créatif. Elle témoigne d’un cheminement qui relie les couches visibles et invisibles de l’être, dans une démarche où le textile devient un vecteur de guérison et de réappropriation de soi.
Un portrait triple suspendu complète cette œuvre dyptique. La femme shamane, la guerrière pacifique, la Fée du lac… elle savent se rendre invisible si nécessaire ou se transformer en animal. Ses visages multiples offrent des miroirs à nos propres quêtes identitaires humaines.
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This fabric sculpture is part of an artistic inquiry that considers textile as a symbolic territory of restoration and repair. Through weaving techniques and layered fiber assemblies, the work stages a hybrid figure that evokes the shamanesse— a mediator between different planes of reality.
The deliberately dense and organic wool strata, like earth cleansed by fire, function as material metaphors for bodily memory: they reveal layers of experience, trauma, and the processes of resilience. The colored veils introduce an aqueous and aerial dimension of fluidity and in-between states, suggesting passage, transition, and inner movement.
Together, these elements compose a liminal space where body, matter, nature, and memory intertwine. The piece offers a reflection on identity reconstruction, resilience, and the regenerative power of creative gesture. It bears witness to a journey that connects the visible and invisible layers of one’s being, in a process where textile becomes a vector of healing and self-reclamation.
A suspended triple portrait completes this diptych. The shaman woman, the peaceful warrior, the Lake Fairy… they know how to make themselves invisible when needed, or transform into an animal. Her multiple faces offer mirrors for our own human quests for identity.
Dissociations I et II - images à venir
Dissociation I
Cette œuvre est construite autour de trois éléments dessinés “à l’aveugle” : une tête, des mains et des pieds. Le geste sans contrôle visuel met en avant la mémoire corporelle, la proprioception, et la présence du corps comme sensation plutôt que comme représentation.
Ce sont les parties les plus chargées symboliquement dans l’identité et l’action. La tête : pensée, identité, conscience, visage. Les mains : agir, toucher, contact, création. Les pieds : ancrage, mouvement, trajectoire. Dissociées du reste du corps, elles deviennent des fragments qui attendent d’être rassemblés. Il y a une tension entre ce qui manque, ce qui est là, et ce qui cherche encore sa place.
L’œuvre évoque la reconstruction de soi, non pas comme un événement, mais comme une recherche lente, attentive, archéologique : retrouver les morceaux, les reconnaître, les apprivoiser. Cette œuvre parle de perception interne, mémoire somatique, rapport au corps fragmenté ou dissocié, réparation et restauration.
Elle fait partie des différentes recherches effectuées avant d’arriver à l’œuvre finale Voyage entre les mondes.
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This work is built around three elements drawn ‘blind’: a head, hands, and feet. The gesture without visual control highlights bodily memory, proprioception, and the presence of the body as sensation rather than representation.
These are the parts most symbolically charged in identity and action. The head: thought, identity, consciousness, face. The hands: doing, touching, contact, creation. The feet: grounding, movement, trajectory. Separated from the rest of the body, they become fragments waiting to be brought back together. There is a tension between what is missing, what is present, and what is still searching for its place.
The work evokes self-reconstruction, not as an event but as a slow, attentive, archaeological quest: finding the pieces, recognizing them, taming them. It speaks of inner perception, somatic memory, a fragmented or dissociated relationship to the body, repair, and restoration.
It is part of the various exploratory studies created before reaching the final work Voyage Between Worlds.
Dissociation II
Le corps est comme une peau vide, un patron, une enveloppe suspendue. Sans volume, sans chair, sans tête, ce corps devient un contour, une absence matérialisée. Dans la zone génitale, un dessin rappelle le genre originel non pas comme objet du sexuel, mais comme recherche d’identité et de mémoire.
Cette peau vide évoque la dépouille après le dépouillement, le vêtement inutile face au viol, la mue inéluctable pour guérir, ce qui reste après un choc, l’intime transformé en objet... Le dessin génital met en tension l’intimité exposée, la violence de la réduction du corps féminin, mais aussi la possibilité de réappropriation. Cette pièce interroge directement la corporéité, non comme forme pleine, mais comme trace, comme empreinte.
Elle fait partie des différentes recherches effectuées avant d’arriver à l’œuvre finale Voyage entre les mondes.
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The body appears like an empty skin, a pattern, a suspended shell. Without volume, without flesh, without a head, it becomes a contour—an absence made visible. In the genital area, a drawing evokes the original gender, not as an object of sexuality, but as a search for identity and memory.
This empty skin suggests the shed remains after stripping away, the useless garment in the face of violation, the inevitable molting required for healing, what is left after a shock, the intimate turned into an object…
The genital drawing heightens the tension between exposed intimacy, the violence of reducing the female body, and the possibility of reclaiming it. This piece questions corporeality not as a full form, but as a trace, an imprint.
It is part of the exploratory studies completed before reaching the final work Voyage Between Worlds